Normes 360

La lettre d’info mensuelle sur la normalisation volontaire au sein du pôle ministériel Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement - N°7 - Mars 2026

On en parle ?

Erick Lajarge, Responsable ministériel aux normes

Erick Lajarge, Responsable ministériel aux normes

Bonjour et merci de vos retours chaleureux sur cette newsletter mensuelle.

Ce mois-ci, nous parlons

Bonne lecture et à bientôt.


Sommaire


On dialogue avec vous

Ce mois-ci, dans le cadre de la révision du règlement (UE) n°1025/2012 relatif à la normalisation européenne, nous vous proposons un échange entre Amina Aissani (ECOS) et Andrea Raffaelli (Small Business Standards -SBS).

Ils reviennent sur les enjeux de cette révision pour la participation des parties prenantes, ainsi que sur le rôle stratégique de la normalisation au niveau européen et international.

Senior Programme Manager – Standardisation, ECOS, organisation représentant les enjeux environnementaux dans la normalisation européenne

Senior Programme Manager – Standardisation, ECOS, organisation représentant les enjeux environnementaux dans la normalisation européenne

Senior Policy Adviser and Experts' Coordinator, Small Business Standards (SBS), organisation représentant les PME au niveau européen

Senior Policy Adviser and Experts’ Coordinator, Small Business Standards (SBS), organisation représentant les PME au niveau européen

 

1. Pouvez-vous vous présenter et présenter votre organisation ?
 

AA:ECOS – Environmental Coalition on Standards est la coalition environnementale sur les normes. Elle regroupe 63 organisations membres, principalement des ONG environnementales, issues de 30 pays. Le secrétariat, composé de plus de 30 collaborateurs, coordonne la participation d’ECOS dans plus de 200 comités techniques au niveau européen et international.

ECOS soutient également la participation de ses membres dans la normalisation au niveau national. Appuyé par un large réseau d’experts, ECOS apporte une expertise environnementale essentielle dans les comités de normalisation, couvrant un vaste éventail de sujets liés à la transition énergétique, la biodiversité et la décarbonation industrielle.

AR : Small Business Standards (SBS) est la voix des PME européennes dans le domaine de la normalisation. Depuis sa création en 2013, notre association a été mandatée par la Commission européenne pour représenter les intérêts des PME en matière de normalisation aux niveaux européen et international, conformément à l’annexe III du règlement (UE) n°1025/2012.

Nous comptons 22 membres, toutes des associations de PME, représentant au total plus de 21 millions de PME issues de toute l’Europe.

Outre notre travail visant à promouvoir les intérêts des PME dans la législation européenne et à sensibiliser aux avantages des normes pour ces entreprises, notre activité principale consiste à désigner et financer des entrepreneurs et experts de PME dans le domaine de la normalisation. Cela se fait par le biais d’un appel à experts lancé chaque année.

Pour 2026, SBS a nommé près de 80 experts, couvrant plus de 250 comités techniques et groupes de travail de normalisation au sein des trois organisations européennes de normalisation (CEN, CENELEC et ETSI) ainsi qu’au niveau international, au sein d’ISO et d’IEC.

SBS a récemment été reconnue par ISO comme l’une des 15 organisations contribuant le plus à la normalisation internationale.

2. Quels sont les apports attendus de la révision du règlement 1025 pour les parties intéressées et quel est l’intérêt d’un cadre harmonisé ?

AA : ECOS fait partie des quatre organisations des parties prenantes européennes reconnu par la réglementation européenne sur la normalisation (R1025/2012).Cette reconnaissance juridique, qui affirme la nécessité d’inclure les parties prenantes des PME, des associations de consommateurs et des parties prenantes sociales et environnementales comme ECOS dans le système de normalisation, a encouragé les organismes de normalisation Européens (notamment le CEN, et le CENELEC) à améliorer leurs processus internes afin de garantir la participation effective des experts environnementaux travaillant pour ECOS.
Ce soutien a été essentiel et doit se poursuivre avec la future réglementation sur la normalisation, car la participation des acteurs environnementaux ne peut être efficace que si elle est appuyée juridiquement et financièrement par les autorités européennes.

AR:Le règlement 1025/2012 constitue le fondement de l’ensemble du système européen de normalisation. Depuis son adoption, ce règlement a joué un rôle déterminant dans l’amélioration de l’accès et de la participation effective des parties prenantes (PME, consommateurs, syndicats, ONG environnementales) à la normalisation. Il impose des mesures en faveur de l’inclusivité et confère un statut juridique aux représentants des parties prenantes (les « organisations de l’annexe III », dont SBS fait partie).

Ce statut juridique a permis d’améliorer les conditions et l’impact des parties prenantes dans leurs relations avec les décideurs politiques européens, les organismes nationaux de normalisation, ainsi qu’avec les organisations européennes et internationales de normalisation.

Cependant des marges de progression subsistent. Par exemple, une meilleure coordination des efforts européens pourrait renforcer la voix des PME dans la normalisation internationale. De même, une mise en œuvre plus complète du règlement 1025/2012 et une harmonisation plus poussée des mesures de soutien et des pratiques pourraient encore améliorer la participation effective et l’impact des PME et des entrepreneurs dans la normalisation au niveau national, où les conditions peuvent encore varier considérablement d’un pays à l’autre.

3. En quoi la normalisation est-elle un facteur de souveraineté ?

AA:La normalisation demeure hautement pertinente en Europe. Les normes européennes réduisent les obstacles au commerce, soutiennent la compétitivité industrielle européenne, stimule l’innovation et les évolutions technologiques essentielles. Les normes élaborées en Europe soutiennent également l’implémentation des politiques et directives environnementales de l’UE, en prenant en compte les caractéristiques et besoins spécifiques du marché commun européen.

Les normes constituent de véritables instruments de puissance économique et technologique et pourraient servir de levier stratégique pour défendre les intérêts européens notamment au niveau international. Si cet outil était pleinement exploité et mieux coordonné, la voix de l’Europe pourrait être portée 27 fois sur la scène internationale, offrant à l’Union européenne un avantage stratégique incomparable.

AR:Les normes constituent un élément fondamental du marché unique européen, réduisant les barrières et renforçant la compétitivité de l’économie européenne. Elles représentent également un levier pour promouvoir les intérêts et les valeurs européennes sur la scène mondiale.

Les normes sont un outil indispensable pour rendre opérationnelles la législation et les politiques de l’Union européenne, et pour permettre aux PME de garantir leur conformité avec les législations nationales et européennes. Elles sont essentielles pour traduire les exigences législatives en guides claires et aider les PME à rationaliser leurs processus et à croître.

Un système européen de normalisation plus robuste qui produit des normes adaptées aux PME et qui reflète réellement le paysage économique européen, constitue indéniablement un atout pour l’Europe dans son ensemble.


On vous explique : l’annexe 3 du règlement européen 2012-1025

La normalisation est ouverte à toutes les organisations. Cependant, participer aux travaux demande du temps et des moyens financier.

L’annexe III du règlement (UE) n° 1025/2012 précise quelles organisations peuvent bénéficier d’un financement de l’Union européenne pour participer à ces travaux : les PME, les consommateurs, les intérêts environnementaux et les intérêts sociaux.

Pour être éligibles, ces organisations doivent respectés plusieurs critères :

  • être non gouvernementales et à but non lucratif
  • représenter, au niveau européen, les PME, les consommateurs, l’environnement ou les intérêts sociaux dans les travaux de normalisation
  • être soutenues par des organisations nationales dans au moins les deux tiers des pays de l’Union européenne

Pour les organisations représentant les consommateurs, l’environnement et les intérêts sociaux, elles ne doivent en plus, ne pas avoir de conflit d’intérêt.


On vous dit tout…

Réunion COS PDO

Le Comité stratégique « Performances durables des organisations » (COS PDO) s’est réuni le 5 mars afin de faire le point sur les travaux en cours et les sujets structurants du comité.

Ces derniers mois, plusieurs thématiques ont été développées au sein du COS et des commissions de son périmètre. Parmi elles, les travaux autour de l’approche « One Health » pour mieux articuler les enjeux de santé humaine, animale et environnementale ou encore le sujet de la résilience industrielle, en lien avec les enjeux de désindustrialisation et de gestion des risques.

Les échanges ont également porté sur des sujets en émergence à l’international, comme la création d’un comité ISO dédié aux droits des enfants. Les enjeux de souveraineté ont aussi été abordés, notamment à travers le rôle des normes pour mieux maîtriser les systèmes, les données et les infrastructures.

Enfin, les membres du COS ont décidé de la création d’un livre blanc sur l’apport de la normalisation à la notion de bien commun, c’est-à-dire les ressources comme l’environnement, la santé, les données, qui bénéficient à tous.

Présentation rapport de la mesure 24 du PNACC aux BNS et aux CN

Dans le cadre de la mesure 24 du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC3), la mesure 24 du PNACC3 vise à intégrer les impacts du changement climatique dans les normes techniques les plus exposées.

Une réunion et un webinaire ont été organisé avec les présidents de bureaux de normalisation et de commission de normalisation, en début mars, afin de présenter la démarche et les premiers résultats.

A l’initiative du Commissariat général au développement durable et AFNOR, cette mesure concerne les secteurs du bâtiment, des transports, de l’énergie et des réseaux. L’enjeu est d’identifier les normes qui reposent sur des paramètres climatiques (température, précipitations, vent…) et qui pourraient ne plus être adaptés dans le contexte réchauffement climatique, alors que les différents rapports anticipent une France à +4°C à l’horizon 2100.

Une première phase de travail a permis de recenser et d’analyser les normes existantes (+ de 9000 normes), afin d’identifier celles les plus sensibles aux évolutions climatiques.

La démarche entre désormais dans une phase plus opérationnelle, avec l’implication directe des commissions de normalisation. Celles-ci sont invitées à analyser les normes de leur périmètre.

Pour accompagner les présidents de commissions de normalisation, plusieurs outils ont été mis à disposition, notamment un guide méthodologique et un tableur permettant une première évaluation. L’objectif est aussi de faciliter la mise en relation d’experts au sein des commissions.

Il ne s’agit pas d’outils contraignants, mais d’un accompagnement que les commissions sont libres d’utiliser ou non.

L’objectif est à long terme, de mieux anticiper les impacts du climat dans les normes, afin de garantir la résilience des infrastructures, des équipements et des services.

Révision de la norme 14001

La norme de management environnemental ISO 14001, qui est la plus utilisée dans le monde, est en cours de révision, avec une publication attendue dans les prochains mois.

Pour rappel, cette norme définit les exigences d’un système de management environnemental (SME). Elle permet aux organisations de mieux maîtriser leurs impacts environnementaux, de mieux se conformer aux exigences réglementaires et d’améliorer leur performance dans le temps.

La version de 2015 était jugée n’était pas assez applicable sur le terrain, les travaux d’ailleurs entre 2020 et 2022 visaient à un amendement technique de la norme. Finalement, les discussions menées au sein de l’ISO ont conduit à une révision complète, l’objectif était de rendre plus opérationnelle la norme.

La future version devrait renforcer l’engagement des organisations en matière de développement durable, mieux intégrer les impacts environnementaux sur l’ensemble du cycle de vie des produits et services, et favoriser un déploiement plus large des systèmes de management sur toute la chaîne de valeur. Elle vise également à clarifier l’approche des risques et opportunités, ainsi que la gestion du changement, les démarches RSE.

L’amendement sera intégré à la norme, sans introduire de nouvelles exigences mais en renforçant la lisibilité des attentes.

Présentation de la normalisation volontaire à l’IGEDD

Une présentation de la normalisation volontaire a été réalisée le 12 mars auprès de la section "Transition énergétique et climat" (TEC) de l’Inspection générale de l’environnement et du développement durable (IGEDD), un service de l’État qui conseille et évalue les politiques publiques en matière d’écologie, d’énergie, de transports et de logement.
L’occasion de rappeler le rôle des normes dans la mise en œuvre des politiques publiques.

La présentation a montré comment les normes viennent appuyer ces politiques, notamment pour la mesure des émissions de gaz à effet de serre, la performance énergétique des bâtiments ou encore le suivi des consommations d’énergie.

Elle a aussi permis de rappeler que la réglementation s’appuie souvent sur ces référentiels pour être appliquée concrètement.

CoPIST du BNTRA

Le Comité de pilotage du BNTRA s’est réuni le 17 mars pour faire le point sur les travaux en cours et les priorités du secteur.

Plusieurs points étaient à l’ordre du jour, notamment les ateliers liés à la feuille de route 2026, les travaux de certaines commissions de normalisation, les sujets en évolution comme le passeport numérique des produits, ainsi que les enjeux d’acculturation à la normalisation volontaire auprès des étudiants.

Cette réunion a également été l’occasion de présenter la mesure 24 du PNACC3.

Convention annuelle du réseau national des incubateurs Greentech

Dans le cadre de la convention annuelle du réseau national des incubateurs Greentech, organisée le 17 mars à Paris par l’Ecolab du Commissariat général au développement durable (CGDD), les dirigeants et porteurs de projets se sont retrouvés pour échanger sur les enjeux de développement des startups dans un contexte de transition écologique.

À cette occasion, le rôle des normes volontaires comme levier stratégique, acteur de l’innovation pour les entreprises a été rappelé. Pour une startup, s’appuyer sur des normes reconnues permet par exemple de rendre son innovation plus visible, de rassurer investisseurs et partenaires ou encore de répondre à certaines exigences dans les appels d’offres.

HLF


On vous met en lien…

De nouveaux acteurs s’engagent dans les travaux de normalisation, aujourd’hui, nous souhaitons vous présentez…

Ali Kanso, docteur en sciences agronomiques et directeur R&D chez Microhumus, préside la Commission nationale Biodiversité de l’AFNOR et représente A‑IGECO au comité miroir français de l’ISO/TC 331. Expert des sols, de la biodiversité et de l’ingénierie écologique, il contribue activement au positionnement français dans la normalisation internationale.

Virginie Courmont ?


Belle histoire, mais pas de normes…

Ce mois-ci, on change un peu de registre.

Pas d’histoire de norme, mais l’histoire d’un salarié atypique d’AFNOR.

Bureau de Boris Vian, AFNOR (1942–1946)

Bureau de Boris Vian, AFNOR (1942–1946)

Le saviez-vous ? Boris Vian a travaillé à l’AFNOR entre 1942 et 1946, au sein de la division verrerie. Il y participait à des travaux de normalisation très concrets, comme la définition des dimensions de flacons ou de goulots de bouteilles.

Diplômé de l’École centrale, il occupe alors un poste d’ingénieur, pendant la seconde guerre mondiale. L’AFNOR constitue à l’époque un environnement relativement à part, où se poursuivent des travaux techniques sur des objets du quotidien. C’est aussi à cette période que se développe la marque NF.

En parallèle, Boris Vian écrit. Il profite notamment de son temps au bureau pour rédiger ses premiers textes, dont certains l’un des plus connu, L’Écume des jours, en 1947.

Cette expérience se retrouve dans ses écrits, notamment dans Vercoquin et le plancton ou il décrit un organisme de normalisation fictif où l’on élabore des règles extrêmement détaillées, parfois sur des sujets très spécifiques, voire dérisoires. Il met en scène des réunions interminables, des réunionites, des dossiers complexes et un certain décalage entre les travaux réalisés et leur utilité perçue.

Il portait un regard ironique sur ce qu’il percevait comme « trop de normes ». S’il voyait aujourd’hui à quel point elles facilitent notre quotidien, de l’USB-C au format des cartes bancaires, jusqu’aux boulons des ascenseurs, il aurait sans doute souri.


Ce qu’il ne fallait pas manquer…

DateÉvénement
19 fev - 26 mars 6 webinaires organisés par le professeur Knut Blind de l’institut de recherche - Fraunhofer Institute for Systems and Innovation Research (ISI) sur le lien recherche et innovation :

  • Module 1 : The Standardisation Landscape – 19 February 2026
  • Module 2 : Types and Impacts of Standards – 26 February 2026
  • Module 3 : Research and Standardisation – 5 March 2026
  • Module 4 : Intellectual Property Rights (IPRs) and Standardisation – 12 March 2026
  • Module 5 : Open Source and Standardisation – 19 March 2026
  • Module 6 : Geopolitics, Values, and Standardisation – 26 March 2026
24 fev Quand la réparabilité s’évalue et fait la valeur ajoutée des produits mécaniciens français !
26 fév Management de la sécurité routière : venez réviser la norme ISO 39001
26 fév Impact environnemental du numérique : bientôt un guide pratique
06 mars Révisions ISO 9001 et ISO 14001 : anticipez leurs impacts
09 mars Rencontre des BN sur la mesure 24 du PNACC3
11 mars Microplastiques dans les aliments : venez découvrir les nouvelles méthodes de mesure

Ça arrive bientôt !

DateÉvénement
23 mars Zoom sur l’éolien offshore et les enjeux de normalisation
24 mars Webinaire adhérents Nouvelle norme ISO 10012 : quand une mesure maitrisée devient un outil qualité !
24 mars 2026 Masterclass : European needs for Additive Manufacturing standardization for qualification
3 avril Webinaire adhérents Diagnostic Produits, Équipements, Matériaux, Déchets (PEMD) pour la démolition et la rénovation
5 au 7 avril 2026 [Sommet One Health]

Cette rubrique est aussi la vôtre, merci de nous faire connaître les évènements que vous souhaitez porter à connaissance des lecteurs de cette lettre !

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92055 La Défense cedex