Normes 360

La lettre d’info mensuelle sur la normalisation volontaire au sein du pôle ministériel Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement - N°5 - Janvier 2025

On en parle ?

Erick Lajarge,

Responsable ministériel aux normes

Erick Lajarge, Responsable ministériel aux normes

L’année 2026 démarre dans un contexte où la normalisation volontaire s’impose. Innovation, transition écologique, souveraineté industrielle ou sécurité sanitaire : les normes sont de plus en plus présentes et participent à la mise en œuvre de nos politiques publiques.

Document attendu, la nouvelle stratégie française pour la normalisation, dont les travaux ont été pilotés par le CCPN, fixe une orientation claire pour les prochaines années : mieux anticiper, renforcer notre influence internationale et continuer à mobiliser l’expertise française dans les instances de normalisation.

Les sujets abordés dans cette première newsletter de l’année témoignent également de l’impact de la normalisation volontaire. Du management de l’innovation aux travaux « One Health », en passant par les réflexions internationales portées par la Banque mondiale, la lumière est bien braquée sur les travaux de normalisation volontaire.

Notre pôle ministériel, qui compte plus de 600 experts investis dans ces travaux, prend une part importante dans le rayonnement de notre expertise à l’étranger comme en France. Rien de tout cela ne serait possible sans l’engagement des directions, des opérateurs, des bureaux de normalisation et, bien sûr, vous, je le redis, les plus de 600 experts techniques de notre pôle normalisation.

Merci à eux, et merci à vous, fidèles lecteurs, pour votre intérêt pour la normalisation volontaire.

Bonne année 2026, une année de consensus !
Bonne lecture.


Sommaire


On dialogue avec vous

Johan Claire est le CEO et fondateur d’Innovation Way, société de conseil spécialisée dans le développement de la capacité à innover des organisations. Il préside la commission française de normalisation sur le Management de l’Innovation (CN INNOV) au sein d’Afnor et le Comité International ISO TC 279 - Innovation Management

Johan Claire est le CEO et fondateur d’Innovation Way, société de conseil spécialisée dans le développement de la capacité à innover des organisations. Il préside la commission française de normalisation sur le Management de l’Innovation (CN INNOV) au sein d’Afnor et le Comité International ISO TC 279 - Innovation Management

Ce mois-ci, nous vous proposons un échange entre Cédric Meunier et Yohan Claire autour des liens entre management de la qualité, management de l’innovation et normalisation.

1) Pouvez-vous nous présenter les travaux de votre commission, en France et à l’international ?

Le Comité ISO TC 279 développe les normes de la famille ISO 56000 en lien avec le management de l’innovation. L’objet du comité est de participer à la professionnalisation des pratiques pour permettre à toutes les organisations d’innover plus et mieux. Le corpus de normes ISO 56000 regroupe notamment des documents traitant de la terminologie, des pratiques favorisant l’émergence et le développement d’innovations ainsi que des compétences nécessaires.

Ce comité fédère environ 300 experts issus de 78 pays. La France contribue activement à ces travaux grâce au dynamisme de la commission française CN INNOV qui compte une quarantaine de membres issus de multiples horizons : académiques, responsables innovation, consultants, membres de l’écosystème de soutien à l’innovation, etc.

2) Selon vous, l’innovation et la qualité sont-elles liées ?

À mon sens, le principal lien entre innovation et qualité est le fait que l’obtention de résultats dans les deux cas dépend de la mise en œuvre d’un Système de Management approprié. On ne propose pas de produits ou services de qualité et on n’obtient pas une forte satisfaction client par hasard. Ce succès résulte d’un ensemble de pratiques et de processus mis en œuvre au sein d’une organisation ; on parle alors de Système de Management de la Qualité.

Il en va de même pour l’innovation. On n’innove pas par hasard ou par chance. Performer en innovation nécessite la mise en place de pratiques favorables à l’innovation qu’il faut savoir adapter à son contexte. C’est ce qu’on appelle mettre en place un Système de Management de l’Innovation et c’est ce que décrivent les normes ISO 56001 et ISO 56002. Bien entendu, le défi en innovation est de parvenir à organiser les processus adaptés à la gestion de l’incertitude propre à l’innovation, qui est bien différente de la gestion des risques.

3) En quoi la normalisation constitue-t-elle un apport pour votre entreprise

J’ai créé Innovation Way il y a 9 ans avec pour objectif d’amener l’ensemble des organisations à changer de paradigme lorsqu’elles considèrent l’innovation : ne plus penser l’innovation à travers des projets mais à travers la construction de capacités organisationnelles pour innover.

Nos sociétés et la planète ont besoin que plus d’organisations innovent de façon plus régulière, plus efficace et plus vertueuse. Il faut que les organisations et l’ensemble des structures qui les accompagnent cessent de rêver du prochain projet magique mais agissent pour construire des Systèmes de Management de l’Innovation pérennes.

Pour atteindre cet objectif global, la normalisation est un vecteur puissant et en tant que Président de l’ISO TC 279, je m’engage pour favoriser l’élaboration de référentiels de qualité. À travers Innovation Way nous développons des produits et services (serious games, diagnostics, accompagnement…) pour rendre les normes plus accessibles et activables. La normalisation est donc au cœur de notre stratégie et nous permet d’accompagner des entreprises, des structures de conseils, de collectivités et des organisations gouvernementales dans plus de 20 pays


On vous explique : la stratégie française de normalisation

La Stratégie française de normalisation a été rendue publique le 17 décembre 2025.

Cette stratégie française, préfacée par le ministre chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, présente plusieurs orientations. Son objectif principal est de renforcer la compétitivité des entreprises, l’innovation et l’influence de la France.

Elle vise aussi, au niveau du pôle ministériel, à travailler sur des sujets comme le développement durable, l’hydrogène ou les technologies d’avenir. Cette stratégie s’applique sur une durée de quatre ans.
Elle a été pilotée par le Comité de coordination et de pilotage de la normalisation (CCPN), qui rassemble l’ensemble des acteurs français de la normalisation (entreprises, associations, représentants de l’État…) et AFNOR.

Cette stratégie s’inscrit dans la continuité des stratégies nationales portées par d’autres pays. Par exemple, les Pays-Bas viennent de publier leur propre stratégie nationale de normalisation.

En Chine, le plan China Standards 2035 vise à renforcer l’influence chinoise sur les normes internationales.

Aux États-Unis, les normes sont désormais mentionnées dans la stratégie de sécurité nationale, alors qu’il y a encore deux ans, l’accent était principalement mis sur des politiques industrielles comme le Biden Act. En Allemagne, la Deutsche Normungsstrategie encadre également la politique de normalisation du pays.


On vous dit tout…

Les normes, à l’agenda de la banque mondiale

Mi-décembre, la Banque mondiale a publié un Rapport sur le développement dans le monde 2025, révélant que les normes sont bien plus que de simples textes techniques, elles constituent une véritable « infrastructure invisible » permettant aux acteurs économiques de se coordonner et aux échanges de devenir plus fluides.

Même pour les plus grandes institutions financières, la normalisation n’est plus seulement un sujet "technique", c’est un catalyseur silencieux du développement.

Le rapport met en lumière 3 fonctions qui structurent nos marchés :

  • La mesure (mesure de l’émission carbone comparable d’un pays à l’autre)
  • La compatibilité (comme les prises USB-c)
  • La qualité (comme le Diagnostic de Performance Énergétique - DPE)

Pour illustrer ce pouvoir, le rapport cite la standardisation des conteneurs. En imposant une taille unique pour le transport maritime, cette simple norme a brisé les barrières logistiques, effondré les coûts et propulsé le commerce international tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Lancement de One-Health

Le 17 décembre, des travaux sur l’approche One Health ont été lancés à l’initiative de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (l’Anses), du pôle ministériel de la Transition écologique et animé par l’AFNOR.

One Health repose sur l’idée qu’il existe des interactions entre la santé humaine, la santé animale, la santé des plantes et l’environnement.

Un des exemple les plus utilisés pour illustrer cela est le Virus Nipah : La déforestation a poussé des chauves-souris à se rapprocher des élevages de porcs. En laissant tomber des fruits contaminés, elles ont transmis le virus aux porcs, puis aux humains.

Au niveau international comme national, ces enjeux sont de plus en plus pris en compte. En France, de nombreuses politiques publiques et actions existent déjà dans les domaines de la santé, de l’agriculture, du climat, de la biodiversité ou de la recherche. Mais ces actions restent en "silo".

C’est dans ce contexte que, le 17 décembre, des travaux ont été lancés, avec l’objectif de poser un cadre commun pour mieux intégrer ces interactions.

Les travaux visent à rassembler autour d’une même table des acteurs scientifiques, des administrations, des collectivités, des entreprises, afin de construire une approche partagée et opérationnelle de One Health.

Ce document sera d’application volontaire, gratuit et non contraignant. Il doit servir de référentiel commun et pas créer une nouvelle obligation.


On vous raconte une belle histoire de normes?

En janvier, on mange la galette, on cherche la fève… Mais on ne se pose pas toujours la question de ce qu’il y a derrière cette galette.

Pendant longtemps, la provenance des aliments restait inconnue. On mangeait sans toujours savoir d’où venaient les ingrédients, ni comment ils avaient été produits…

Les crises des années 1990, dont celle de la vache folle, ont été un tournant. Il est alors devenu indispensable de pouvoir retracer le parcours des aliments, de l’amont jusqu’au consommateur.

C’est là qu’intervient la norme ISO 22005, dédiée à la traçabilité de la chaîne alimentaire. Elle permet d’enregistrer les informations nécessaires pour suivre chaque ingrédient de la galette, du beurre à la farine, à chaque étape de la chaîne.

Grâce à cette traçabilité, en cas de problème, il est possible d’identifier rapidement l’origine d’un produit et d’agir de manière ciblée.

Un bel exemple de normalisation au service de la sécurité alimentaire, jusque dans la galette de janvier.


Ce qu’il ne fallait pas manquer…

DateÉvénement
17 décembre Lancement "One Health"

Ça arrive bientôt !

DateÉvénement
13 janv Lancement de la stratégie française de normalisation
13 janvier Webinaire VSME - CSRD - Comment crédibiliser votre rapport de durabilité volontaire ?
15 janvier Webinaire L’IA Act appliqué aux dispositifs médicaux - Comment s’y préparer et comprendre les nouvelles exigences ?
22 janvier Économie Circulaire - système de management : un outil opérationnel pour guider les organisations
5 février Webinaire Label Anti-gaspillage alimentaire
17 fév Présentation du programme européen SAM - Standards for Additive Manufacturing

Cette rubrique est aussi la vôtre, merci de nous faire connaître les évènements que vous souhaitez porter à connaissance des lecteurs de cette lettre !

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