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L’adaptation de nos bâtiments à l’épreuve du climat - Terre à Terre - N°2 - Février 2026

🏡L’adaptation de nos bâtiments à l’épreuve du climat

Nos bâtiments sont mis à l’épreuve d’un climat qui se dérègle : hivers plus humides, étés caniculaires, sécheresses qui fissurent les sols et les murs, inondations urbaines… Adapter ces lieux de vie et de travail n’est plus une option, mais une nécessité pour garantir notre sécurité et notre confort pour les décennies à venir.

L’adaptation de nos bâtiments s’inscrit dans le plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC). La France s’adapte et dans ce secteur notamment. En première ligne, les collectivités territoriales, avec un bâti public à transformer, rénover, renforcer. Plusieurs programmes viennent les appuyer car le chantier est considérable, notamment sur le bâti scolaire : les écoles, collèges et lycées représentent près de la moitié du patrimoine immobilier public.

Adapter les bâtiments, c’est aussi mieux prévenir les risques et anticiper leurs effets. Le retrait-gonflement des argiles, par exemple, fragilise déjà des millions de maisons individuelles. Des outils à destination des particuliers comme le portail Géorisques et des fonds spécifiques comme le fonds Barnier ou encore, à titre expérimental, le fonds de prévention spécifique au phénomène de retrait-gonflement des argiles sont déjà activés.

Mais l’adaptation des bâtiments, ce n’est pas seulement renforcer ou réparer, c’est aussi repenser la manière de construire et d’aménager. Le bioclimatisme, la végétalisation, l’utilisation de matériaux géo et biosourcés ou encore le génie écologique pour la prévention des inondations deviennent des réponses très concrètes pour garder les bâtiments habitables.

🍃Ce deuxième numéro de Terre à Terre est consacré à ces solutions d’ores et déjà à l’oeuvre.

On défriche

Quels risques pèsent sur les bâtiments ?

Nos bâtiments, individuels et collectifs, sont soumis à de nombreux risques naturels, qui s’accentuent avec le dérèglement climatique :

Les risques sur les bâtiments

En France métropolitaine, les risques sur les bâtiments sont essentiellement les vagues de chaleur, le retrait-gonflement des argiles, les inondations, les submersions marines, les risques sanitaires, les feux de forêt. En outre-mer, les risques sont la chaleur humide, les submersions marines, les cyclones, les inondations.

© Ministère de la transition écologique

(Source : État des lieux et étude prospective sur les impacts du changement climatique pour le bâtiment à l’horizon 2050 et 2100, ADEME)

On creuse le sujet avec…

Vincent Lhomme, chef de projet Villages d’avenir à Saint-Lizier dans l’Ariège

Vincent Lhomme, chef de projet Villages d'avenir

Vincent Lhomme, chef de projet


L’adaptation des bâtiments publics est une priorité pour les collectivités, notamment des écoles qui représentent près de la moitié de leur parc immobilier. Vincent Lhomme, chef de projet Villages d’avenir, a accompagné la rénovation thermique de l’école Fanny-Reich à Saint-Lizier, en Ariège, permettant à la commune de réduire de 40 % de ses dépenses d’énergie malgré l’augmentation des tarifs.

Quel est le point de départ du projet de rénovation de l’école ?

Le projet est parti d’un double constat : une consommation d’énergie importante et l’inconfort thermique des écoliers, notamment l’hiver.
La commune a donc commencé par faire réaliser l’audit énergétique de l’école. L’exercice a permis de détailler les postes de travaux pertinents pour améliorer l’isolation du bâtiment.
Rappelons - cela a son importance - que l’école se situe au sein du site patrimonial remarquable de Saint-Lizier. La commune compte en effet de nombreux monuments historiques dont deux cathédrales, un palais épiscopal, des murailles gallo-romaines…

Quelles solutions ont été retenues ?
L'école de Saint-Lizier dans l’Ariège

L'école de Saint-Lizier dans l’Ariège

Un package complet sur l’isolation ! Le projet s’est déroulé en deux phases : une isolation globale extérieure en 2023, puis la rénovation et l’isolation de la toiture, y compris son désamiantage, et le remplacement de tout l’éclairage l’année d’après.

Il a fallu travailler l’aspect extérieur avec les Bâtiments de France et l’Unité départementale de l’architecture et du patrimoine (UDAP). La commune s’est appuyée sur un architecte local pour choisir les matériaux, déterminer la quantité d’isolants…
En tant que chef de projet Villages d’avenir, j’ai coordonné les différents intervenants : commune, UDAP, sous-préfecture, syndicat des énergies de l’Ariège, entreprises…

Tous les acteurs ont dû s’adapter aux contraintes de l’agenda scolaire. Ils ont joué le jeu, jusqu’au peintre qui a terminé un samedi à 21h30 !

Avec quels résultats ?

Quantitativement, l’opération de rénovation a permis à la commune de réduire ses frais de fonctionnement de 35 000 €, soit une réduction de plus de 40 % de ses dépenses d’énergie malgré l’augmentation des tarifs.
Le coût total du projet est de 356 000 €. Mais, avec les subventions (État via le Fonds vert, Région, Département), le reste à charge pour Saint-Lizier est de 70 000 euros. La commune peut donc espérer un retour sur investissement en deux ans !

Qualitativement, les usagers apprécient et le font savoir ! Le directeur de l’école propose aux élèves, tous les ans, de faire passer des messages à l’équipe communale. Cette année, la plupart soulignaient l’amélioration du confort et du cadre d’étude : « on a bien chaud et les éclairages sont beaux ! ».
La démarche pourrait se prolonger avec la végétalisation de la cour de l’école et son aménagement paysager, en lien avec un projet pédagogique et participatif. À suivre…

🔗 Le dossier de presse Villages d’avenir

Sur le terrain

Votre maison est sur un sol argileux ? Découvrez le nouveau fonds de prévention

En France, 1 maison sur 2 est aujourd’hui exposée au phénomène de retrait-gonflement d’argile. Et avec le changement climatique, le phénomène s’intensifie.

Maison fissurée par la sécheresse

© L. Ighil Ameur - Cerema

Il se manifeste par des changements du volume d’un sol argileux à proximité des fondations d’une maison. Sec, il se rétracte ; humide, il gonfle, endommageant notamment les maisons individuelles.

Depuis octobre 2025, l’État expérimente un dispositif de prévention du phénomène retrait-gonflement des argiles dans 11 départements pilotes retenus au regard de leur forte exposition à ce phénomène. L’objectif : accompagner les ménages, réaliser le diagnostic de vulnérabilité et faire réaliser les travaux de prévention avant les premiers sinistres.

Le fonds de prévention argile cible en priorité les maisons en bon état, n’ayant pas fait l’objet d’indemnisation antérieure..

👉 Voir le site du fonds argile ou vérifiez directement les critères d’éligibilité
📖Consultez le guide à destination des particuliers et collectivités

En images

Construire avec le climat

Architecturebioclimatique sur la plage de N’Gouja dans le parc national marin de Mayotte

Architecture bioclimatique sur la plage de N’Gouja dans le parc national marin de Mayotte

© Mathurin Basile

La construction ou reconstruction en tenant compte des risques naturels, comme ici à Mayotte, est un enjeu pour la protection des populations. Dans ce contexte, l’architecture bioclimatique est une réponse qui a fait ses preuves.

L’architecture bioclimatique est une discipline de l’architecture dont l’objectif est de tirer parti des conditions d’un site et de son environnement. Elle s’adapte aux caractéristiques et particularités propres au lieu d’implantation : son climat, sa géographie et sa géomorphologie.

L’aménagement bioclimatique dans les Outre-mer fait l’objet d’un accompagnement par Le Lab2051, l’incubateur de projets urbains innovants du ministère.

N°2 - Février 2026

Direction de la publication : Anaïs Lançon, Philippe Alberola. Comité de rédaction : Auréline Rupert, Soizic Quéméner, Anne Baron, Marisa Vega-Nieto, Eva Philippe, Juliette Sauty, Christella Brives, Amine Habchi. Secrétariat de rédaction : Sophie Bellet. Conception graphique : Coralie Fondeville, Hugo Vanmalle. 2026 Secrétariat général - Direction de la communication du ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature. Vous pouvez à tout moment vous désinscrire en cliquant sur le bouton de désinscription situé en bas de chaque newsletter envoyée. Vous disposez d'un droit d'accès, de rectification, d'opposition et de limitation des données qui vous concernent. Vous pouvez exercer ces droits en nous contactant à l'adresse suivante : rgpd-dicom@developpement-durable.gouv.fr. En savoir plus sur notre page « Données personnelles et cookies » : https://www.ecologie.gouv.fr/donnees-personnelles

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