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La lettre d’info mensuelle sur la normalisation volontaire au sein du pôle ministériel Aménagement du Territoire, Transports, Ville et Logement - N°5 - Janvier 2026
Erick Lajarge, Responsable ministériel aux normes
L’année 2026 démarre dans un contexte où la normalisation volontaire s’impose. Innovation, transition écologique, souveraineté industrielle ou sécurité sanitaire : les normes sont de plus en plus présentes et participent à la mise en œuvre de nos politiques publiques.
Document attendu, la nouvelle stratégie française pour la normalisation, dont les travaux ont été pilotés par le CCPN, fixe une orientation claire pour les prochaines années : mieux anticiper, renforcer notre influence internationale et continuer à mobiliser l’expertise française dans les instances de normalisation.
Les sujets abordés dans cette première newsletter de l’année témoignent également de l’impact de la normalisation volontaire. Du management de l’innovation ou de la qualité aux travaux « One Health », en passant par les réflexions internationales portées par la Banque mondiale, la lumière est bien braquée sur les travaux de normalisation volontaire.
Notre pôle ministériel, qui compte plus de 600 experts investis dans ces travaux, prend une part importante dans le rayonnement de notre expertise en France comme à l’étranger. Rien de tout cela ne serait possible sans l’engagement des directions, des opérateurs, des bureaux de normalisation et, bien donc des 600 experts techniques de notre pôle ministérielle.
Merci à eux, et merci à vous, fidèles lecteurs, pour votre intérêt pour la normalisation volontaire.
Bonne année 2026, une année de consensus !
Bonne lecture.
Ce mois-ci, nous vous proposons un échange entre Cédric Meunier de Renault Group et Yohan Claire d’Innovation Way, autour des liens entre management de la qualité, management de l’innovation et normalisation.
Cédric Meunier supervise, depuis 2019, le système de management de la qualité et les audits associés au sein de Renault Group. Il dispose d’un parcours de près de trente ans dans l’industrie automobile, d’abord au sein du groupe Valeo, puis, depuis vingt ans, chez Renault Group. Engagé dans les travaux de normalisation depuis plus de cinq ans, il est devenu, le 1er janvier 2026, président du comité technique ISO/TC 176 dédié au management et à l’assurance de la qualité.
Johan Claire est le CEO et fondateur d’Innovation Way, société de conseil spécialisée dans le développement de la capacité à innover des organisations. Il préside la commission française de normalisation sur le Management de l’Innovation (CN INNOV) au sein d’Afnor et le Comité International ISO TC 279 - Innovation Management
CM : La norme phare du comité technique ISO/TC 176 (management et à l’assurance de la qualité) est l’ISO 9001 (Systèmes de management de la qualité - Exigences). Avec plus de 1 400 000 certificats ISO 9001 dans sa version 2015, ce comité est l’un des plus influents au sein de l’Organisation internationale de normalisation (l’ISO).
Pour un organisme, être certifié ISO 9001 signifie qu’il a démontré qu’il maîtrise sa qualité et sa performance. C’est une preuve de l’aptitude à livrer durablement des produits et services conformes et que tout est mis en œuvre pour garantir la satisfaction des clients. Ce certificat est essentiel, il est à la base de la confiance qu’un organisme établit avec ses clients et avec l’ensemble de ses parties prenantes, y compris les autorités gouvernementales.
Les travaux de l’ISO/TC 176 consistent à rassembler les meilleures pratiques mondiales utiles ou nécessaires à la maîtrise de la qualité. Les discussions entre experts permettent de les préciser, de les rendre accessibles et, in fine, de construire les consensus permettant leur mise en œuvre harmonisée à travers le monde. Ces travaux se concrétisent par la publication de normes très largement utilisées.
YC : Le Comité ISO TC 279 développe les normes de la famille ISO 56000 en lien avec le management de l’innovation. L’objet du comité est de participer à la professionnalisation des pratiques pour permettre à toutes les organisations d’innover plus et mieux. Le corpus de normes ISO 56000 regroupe notamment des documents traitant de la terminologie, des pratiques favorisant l’émergence et le développement d’innovations ainsi que des compétences nécessaires.
Ce comité fédère environ 300 experts issus de 78 pays. La France contribue activement à ces travaux grâce au dynamisme de la commission française CN INNOV qui compte une quarantaine de membres issus de multiples horizons : académiques, responsables innovation, consultants, membres de l’écosystème de soutien à l’innovation, etc.
2) Selon vous, l’innovation et la qualité sont-elles liées ?
CM : C’est une excellente question pour le comité que j’ai l’honneur de présider.
Nous sommes tous attentifs aux innovations qui transforment les produits et services que nous utilisons, tout en conservant le même niveau d’exigence de qualité. Par exemple, la possibilité d’ouvrir ou de fermer son véhicule avec son téléphone est une innovation largement plébiscitée. Toutefois, sa fiabilité, tout comme sa cybersécurité, font partie intégrante des exigences de qualité auxquelles il est indispensable de répondre.
L’innovation est également au cœur de la performance des entreprises. Elle offre de formidables opportunités pour renforcer la maîtrise de la qualité. L’utilisation structurée des données permet d’optimiser les plans de surveillance, tandis que l’intelligence artificielle contribue à renforcer la qualité des conceptions et à réduire de manière significative les défauts de fabrication.
En somme, qualité et innovation vont de pair.
JC : À mon sens, le principal lien entre innovation et qualité est le fait que l’obtention de résultats dans les deux cas dépend de la mise en œuvre d’un Système de Management approprié. On ne propose pas de produits ou services de qualité et on n’obtient pas une forte satisfaction client par hasard. Ce succès résulte d’un ensemble de pratiques et de processus mis en œuvre au sein d’une organisation ; on parle alors de Système de Management de la Qualité.
Il en va de même pour l’innovation. On n’innove pas par hasard ou par chance. Performer en innovation nécessite la mise en place de pratiques favorables à l’innovation qu’il faut savoir adapter à son contexte. C’est ce qu’on appelle mettre en place un Système de Management de l’Innovation et c’est ce que décrivent les normes ISO 56001 et ISO 56002. Bien entendu, le défi en innovation est de parvenir à organiser les processus adaptés à la gestion de l’incertitude propre à l’innovation, qui est bien différente de la gestion des risques.
3) En quoi la normalisation constitue-t-elle un apport pour votre entreprise
CM : La normalisation est un enjeu stratégique majeur. Elle permet d’anticiper l’évolution des meilleures pratiques internationales et d’en faciliter l’adoption. Elle offre également la possibilité d’influencer l’élaboration des normes afin qu’elles reflètent les pratiques déjà en place, réduisant ainsi les efforts nécessaires pour rester à l’état de l’art.
JC : J’ai créé Innovation Way il y a 9 ans avec pour objectif d’amener l’ensemble des organisations à changer de paradigme lorsqu’elles considèrent l’innovation : ne plus penser l’innovation à travers des projets mais à travers la construction de capacités organisationnelles pour innover.
Nos sociétés et la planète ont besoin que plus d’organisations innovent de façon plus régulière, plus efficace et plus vertueuse. Il faut que les organisations et l’ensemble des structures qui les accompagnent cessent de rêver du prochain projet magique mais agissent pour construire des Systèmes de Management de l’Innovation pérennes.
Pour atteindre cet objectif global, la normalisation est un vecteur puissant et en tant que Président de l’ISO TC 279, je m’engage pour favoriser l’élaboration de référentiels de qualité. À travers Innovation Way nous développons des produits et services (serious games, diagnostics, accompagnement…) pour rendre les normes plus accessibles et activables. La normalisation est donc au cœur de notre stratégie et nous permet d’accompagner des entreprises, des structures de conseils, de collectivités et des organisations gouvernementales dans plus de 20 pays.
Publiée, lundi 12 janvier 2026,la stratégie française de normalisation est préfacée par le ministre chargé de l’Industrie, Sébastien Martin. Cette stratégie a pour objectif principal de renforcer la compétitivité des entreprises, l’innovation et l’influence de la France. Elle vise aussi à travailler sur des sujets comme le développement durable, la biodiversité ou encore la frugalité de l’intelligence artificielle. Cette stratégie s’applique sur une durée de quatre ans.
Elle a été pilotée par le Comité de coordination et de pilotage de la normalisation (CCPN), qui rassemble l’ensemble des acteurs français de la normalisation (entreprises, associations, représentants de l’État, …) ainsi que l’AFNOR.
Cette stratégie s’inscrit dans la continuité des stratégies nationales portées par d’autres pays. Par exemple, les Pays-Bas viennent de publier leur propre stratégie nationale de normalisation. En Chine, le plan China Standards 2035 vise à renforcer l’influence chinoise sur les normes internationales. Aux États-Unis, les normes sont mentionnées dans la stratégie de sécurité nationale, sachant qu’il y a deux ans, l’accent était mis sur les politiques industrielles avec le Biden Act. En Allemagne, la Deutsche Normungsstrategie encadre également la politique de normalisation du pays.
Les normes, à l’agenda de la banque mondiale
Mi-décembre 2025, la Banque mondiale a publié un Rapport sur le développement dans le monde 2025, révélant que les normes sont bien plus que de simples textes techniques, elles constituent une véritable « infrastructure invisible » permettant aux acteurs économiques de se coordonner et aux échanges de devenir plus fluides.
Même pour les plus grandes institutions financières, la normalisation n’est plus seulement un sujet "technique", c’est un catalyseur silencieux du développement.
Le rapport met en lumière 3 fonctions qui structurent nos marchés :
Pour illustrer cet aspect des choses, le rapport cite la standardisation des conteneurs. En imposant une taille unique pour le transport maritime, cette simple norme a brisé les barrières logistiques, réduit les coûts et favorisé le commerce international tel que nous le connaissons aujourd’hui.
Lancement de One-Health
Le 17 décembre 2025, des travaux sur l’approche "Une seule santé" (One Health) ont été lancés à l’initiative de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (l’Anses), du pôle ministériel de la Transition écologique et animé par l’AFNOR.
One Health repose sur l’idée qu’il existe des interactions entre la santé humaine, la santé animale, la santé des plantes et des sols et l’environnement.
Au niveau international comme national, ces enjeux sont de plus en plus pris en compte. En France, de nombreuses politiques publiques et actions existent déjà dans les domaines de la santé, de l’agriculture, du climat, de la biodiversité ou de la recherche.
C’est dans ce contexte que, le 17 décembre, des travaux ont été lancés, avec l’objectif de poser un cadre commun volontaire (AFNOR SPEC) pour mieux intégrer ces interactions au sein des organisations.
Les travaux visent à rassembler autour d’une même table des acteurs scientifiques, des administrations, des collectivités, des entreprises, afin de construire une approche partagée et opérationnelle de One Health.
Ce document sera d’application volontaire, gratuit et non contraignant. Il doit servir de référentiel commun et pas créer une nouvelle obligation.
Que ce soit pour un anniversaire, une fête de famille ou un moment de partage entre collègues, le gâteau est toujours présent. Mais on ne se pose pas toujours la question de ce qu’il y a derrière ces parts.
Pendant longtemps, la provenance des aliments restait inconnue. On consommait sans toujours savoir d’où venaient les ingrédients, ni comment ils avaient été produits.
Les crises des années 1990, dont celle de la vache folle, ont été un tournant. Il est alors devenu indispensable de pouvoir retracer le parcours des aliments, jusqu’au consommateur.
C’est là qu’intervient la norme ISO 22005, dédiée à la traçabilité de la chaîne alimentaire. Elle permet d’enregistrer les informations nécessaires pour suivre chaque ingrédient du gâteau, du beurre à la farine, à chaque étape de la chaîne.
Grâce à cette traçabilité, en cas de problème, il est possible d’identifier rapidement l’origine d’un produit et d’agir de manière ciblée.
Un bel exemple de normalisation au service de la sécurité alimentaire.
| Date | Événement |
|---|---|
| 17 décembre | Lancement "One Health" |
| 13 janv | Lancement de la stratégie française de normalisation |
| 13 janvier | Webinaire VSME - CSRD - Comment crédibiliser votre rapport de durabilité volontaire ? |
| 14 janvier | Réunion du COS Mobilités |
| 15 janvier | Webinaire L’IA Act appliqué aux dispositifs médicaux - Comment s’y préparer et comprendre les nouvelles exigences ? |
| Date | Événement |
|---|---|
| 22 janvier | Économie Circulaire - système de management : un outil opérationnel pour guider les organisations |
| 22 janvier | 2ème réunion du groupe de travail "One Health" |
| 5 février | Webinaire Label Anti-gaspillage alimentaire |
| 17 fév | Présentation du programme européen SAM - Standards for Additive Manufacturing |
| 17 fév | Réunion du CCPN |
Cette rubrique est aussi la vôtre, merci de nous faire connaître les évènements que vous souhaitez porter à connaissance des lecteurs de cette lettre !
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